dimanche 20 janvier 2008

LE WMA EN DIX QUESTIONS-RÉPONSES


 

  • WMA, QUID ?

WMA signifie Windows Media Audio. Il s'agit d'un format de compression de données audio créé par Microsoft et utilisant des algorithmes de codage et de décodage presque similaires à ceux usés par les fichiers MP3, mais avec une compression améliorée, surtout dans la dernière version (9.2), très efficace.

  • WMA, le meilleur format audio ?

Le WMA a des avantages, parmi lesquels on peut citer le taux de compression élevé pour une qualité audio raisonnable, la vitesse de compression et la possibilité de protéger les fichiers codés. La compatibilité pas très assise du WMA constitue son défaut majeur, défaut qui devra s'estomper avec le temps.

Bien entendu, en termes de qualité, il est des formats audio de meilleure facture que le WMA. Ainsi, l'OGG VORBIS de la Xiph Foundation sonne plus nettement que le format de Microsoft, même à des débits inférieurs à 96 kb/s ! De même, le MP3 Pro et l'AAC (appelé parfois MP4), respectivement de Coding Technologies et de Apple, codent mieux que le WMA les sons à 96 kb/s et à 64 kb/s. D'aucuns disent même que le WMA à 128 kb/s et à 160 kb/s aurait un son plus « étouffé » que le MP3 à ces bitrates.

Cependant, les formats précités ont également des défauts non négligeables, du moins à l'heure actuelle. Ainsi, tous sont moins rapides que le WMA dans l'encodage. De plus, MP3 Pro, AAC et OGG Vorbis demeurent moins compatibles que le WMA (très peu de baladeurs, de radios et de platines DVD lisent ces trois formats).

Somme toute, ayant pesé le bon comme les mauvais côtés du WMA, face à ses concurrents, je peux dire (n'en déplaise à ses détracteurs) qu'il est actuellement le meilleur format audio qui allie compression efficace à vitesse d'encodage.

  • Quel logiciel pour la lecture ?

De nos jours, presque tous les logiciels freeware ou payants dont la vocation est de lire des contenus multimédias lisent sans problème toutes les versions du WMA « classique », mais pas les WMA « spéciaux » (voir point 5). Seul le Lecteur Windows Media Série 9, le Lecteur Windows Media 10 et le lecteur Windows Media 11 lisent correctement les WMA de tous types, logiciels téléchargeables à volonté et gratuitement sur le site de Microsoft.

  • Quel logiciel pour l'encodage ?

La plupart des logiciels gratuits ou payants de conversion peuvent encoder en WMA classique. DbPoweramp Music Converter (gratuit si on cherche bien) convertit en WMA « spéciaux », mais assez difficilement en WMA Pro, à moins d'avoir une source WAV multicanale. Seul le Codeur Windows Media de Microsoft code en WMA de tous types sans trop d'emmerdes.

  • Combien de types de WMA ?

WMA est un format comprenant plusieurs variantes demandant chacune un algorithme spécifique de codage et de décodage (appelé codec) pour la compression ou la lecture :

  • WMA « classique » : lu par une grande partie de baladeurs, de radios et par quelques lecteurs DVD. Il compresse à 32, 44 ou 48 kHz dans des bitrates allant de 5 à environ 384 kb/s et ce, en mono ou en stéréo à 16 bits par échantillon
  • WMA Professional ou WMA Pro : lu par quelques lecteurs DVD hauts de gamme. Il compresse à 16 ou à 24 bits par échantillon à 44, 48 kHz ou 96 kHz, en stéréo, en 5.1 (six canaux) ou en 7.1 (huit canaux). La qualité audio du WMA Pro pour un bitrate donné est supérieure à du WMA classique. L'encodage et le décodage consomment des ressources processeur appréciables (de préférence un Pentium III pour la lecture et un Pentium IV pour l'encodage). Le WMA peut atteindre des bitrates supérieurs à 700 kb/s, la marge moyenne étant de 128 à 768 kb/s
  • WMA Lossless ou sans perte : il encode le son avec une perte de qualité inaudible et quasi-inexistante. La compression se fait à 44, 48 ou 96 kHz, à 16 ou 24 bits par échantillon, en stéréo, en 5.1 ou en 7.1. Le bitrate va généralement de 470 kb/s à 1100 kb/s. Le WMA sans perte est lu par quelques baladeurs (sauf en mode multicanal) et très peu de platines DVD
  • WMA Voice : compresse en mono à 8, 11, 16 ou 22 kHz, avec 16 bits d'échantillon et un bitrate n'excédant point 20 kb/s. WMA Voice n'est lu que sur PC.

Je recommande le WMA classique à l'audiophile ordinaire. Le WMA Pro convient au codage en haute qualité ou au codage des pistes sons multicanales d'un film en DVD. Alors que le WMA Lossless produit un son irréprochable par rapport à la source de codage, WMA Voice dégrade fortement le son, seules les voix étant codées de manière acceptable. Ainsi, l'un convient à l'archivage de très haute qualité, l'autre à l'envoi par mail (ou par d'autres protocoles du réseau) des courts extraits vocaux du genre reportage (surtout pas de la voix chantée).

  • WMA peut-il être lu avec du dispositif courant ?

Seul le WMA classique a des chances d'être lu avec du dispositif courant, la gamme de produits s'étendant au fil des mois (baladeurs, lecteurs de salon, chaînes hi-fi, lecteurs DVD, voire téléphones, etc.). Les autres variantes du WMA sont plus réservées à des usages sur PC, sur platines DVD dernier cri (comme le WMA Pro) ou encore sur du matériel très récent (comme le WMA Lossless).

  • Quid du CBR, VBR, une passe, deux passes ?

Le CBR (Constant Bitrate) est un mode de codage dans lequel un nombre presque constant de bits est alloué à chaque seconde de son encodé ou compressé. À partir de 96 kb/s, il crée des sons riches en basses et d'une lourdeur identique à l'original. En dessous de ce bitrate, il engendre de la distorsion dans les sons aigus.

Le VBR (Variable Bitrate), quant à lui, adapte automatiquement le débit au sein du fichier codé et ce, en fonction de la complexité du son, le bitrate maximal étant fixé par l'utilisateur ou par le mode choisi (VBR 100, 98, 90, 75, 50, 25 et 10). À titre d'exemple, le bitrate varie généralement en moyenne entre 40 et 112 kb/s à l'intérieur d'un fichier codé en VBR 50 à l'aide du WMA « classique ». Le mode VBR (sauf en VBR 100 et en VBR 98) atténue quelque peu les basses dans une chanson, mais réduit notablement les déformations dans les aigus. Généralement, à bitrate égal en mode CBR, VBR procure une bien meilleure qualité audio, homogène dans tout le fichier encodé. À mon sens, c'est le mode idéal de codage. Notez que WMA Lossless code en VBR 100, 100 étant le niveau théorique de qualité en %.

Coder en une passe signifie que l'encodeur convertit en temps réel le son de la source au format WMA. C'est la compression la plus classique. Coder en deux passes sous-entend une première passe à travers laquelle le son à coder est finement analysé. Ce n'est qu'à la deuxième passe que le codage imposé par l'utilisateur se déroulera en fonction des résultats de l'analyse effectuée à la première passe. Ledit utilisateur peut demander à l'encodeur de conserver un bitrate X moyen ou un bitrate X moyen et un bitrate Y maximal. En valeur moyenne, à bitrate donné, la qualité sonore s'avère sensiblement supérieure à ce que fournit le codage en une passe. Le codage en deux passes est mieux adapté au mode VBR, mais peut s'appliquer en CBR.

Notez que certains codecs ou certains scénarii ne marchent pas avec le codage en deux passes. Ainsi, celui-ci ne s'applique pas au codage d'une capture audio en temps réel. De même, WMA Lossless et WMA Voice ne codent qu'en une passe.

  • À partir de quel bitrate WMA se métallise-t-il ?

En mode CBR, les distorsions des sons aigus se font ressentir très souvent lorsque le bitrate est inférieur à 96 kb/s. En mode VBR, la métallisation se fait ressentir à partir de VBR 25 (bitrate moyen dans la fourchette 40 à 85 kb/s).

Je signale néanmoins que si la source présente déjà des distorsions dans les aiguës ou est de qualité assez basse (monophonique, souffles importants), la sensation de métallisation se fera ressentir même à bitrates plus élevés. Spécialement pour les sources mono ou riches en souffle, le son se métallise très souvent si le bitrate du WMA converti est, en moyenne, inférieur à 160 kb/s.

C'est ainsi qu'il ne faut jamais croire qu'un fichier encodé à 128 kb/s est de bonne qualité. En effet, sa qualité sera d'autant pire que la source est médiocre.

  • Quelle configuration PC pour le WMA ?

Pour le WMA « classique » et le WMA Voice, l'encodage, même en mode VBR, peut s'effectuer sur un simple Pentium II à 233 MHz ! Le WMA Lossless demande tout de même un Pentium III à 450 Mhz pour un encodage dans de bonnes conditions de vitesse. Toutefois, lorsque plus de deux canaux sont usés dans le codage ou lorsque le nombre de bits d'échantillon est supérieur à 16, un Pentium IV à 1,5 GHz sera le bienvenu. Quant au WMA Pro, un Pentium IV à 2 Ghz est recommandé pour l'encodage.

Le décodage des WMA est peu gourmand en calculs. Un Pentium II suffit généralement. Toutefois, le WMA Lossless multicanal ou de haute résolution (24 bits), ainsi que le WMA Pro, exigent, pour une lecture fluide, au moins un Pentium III à 550 MHz.

  • Quel format est en mesure de détrôner le WMA ?

Procédons par élimination à travers le tableau ci-dessous :

FORMAT 

LECTURE COURANTE HORS PC 

QUALITÉ À 64 KB/S 

QUALITÉ À 96 KB/S

WMA 

Baladeurs, radios, chaînes hi-fi, platines DVD, téléphones

Légères diminutions de basses et quelques pertes en aiguës + son métallique

Son quasi-CD, avec de très légères pertes en aiguës extrêmes

MP3 

Polyvalent 

Son presque monophonique avec forte atténuation des basses. Aiguës fortement tronquées et métallisation désagréable.

Pertes sensibles en aiguës, diminution des basses, métallisation assez audible, stéréo réduite

MP3 Pro 

Baladeurs, platines DVD, téléphones 

Légères diminutions des aiguës, métallisation faible

Qualité supérieure au MP3 à 128 kb/s 

AAC (alias MP4) 

Baladeurs (surtout des Ipod) 

Métallisation assez sensible des aiguës (mais moins que le WMA). Bonne restitution des autres fréquences 

MP3 à 128 kb/s 

OGG VORBIS

Baladeurs, platines DVD, quelques radios

Presque pas de métallisation. Excès de certains sons aigus par rapport à l'original

Excès de certains sons aigus par rapport à l'original 


 

Il n'y a pas photo : le gagnant est bel et bien OGG VORBIS ! En effet, il encode à bas débit avec le moins d'artefacts désagréables. De plus, sa compatibilité ne cesse de s'étendre.

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